Unis Contre l'Extrême Droite

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« le conspirationnisme sert de porte d’entrée à l’antisémitisme »

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Pour ConspiracyWatch, « le conspirationnisme sert de porte d’entrée à l’antisémitisme »

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Les théories complotistes explosent ces dernières années. Le site ConspiracyWatch.info est une source importante de veille et d’analyse sur le sujet. Quelques jours avant la conférence de Soral (particulièrement actif dans la diffusion des thèses conspirationnistes sur le net) et de Gilad Atzmon à Lyon, on a posé quelques questions à l’animateur du site, Rudy Reichstadt pour éclairer nos lanternes.

Dans quelle mesure l’antisémitisme joue-t-il pour vous un rôle de porte d’entrée, de pilier, de pivot, aux théories conspirationnistes d’extrême droite ?

Rudy Reichstadt. Je prendrais les choses dans le sens inverse : c’est plutôt le conspirationnisme qui sert de « porte d’entrée » à l’antisémitisme. Dans sa dénonciation de manipulateurs de l’ombre, de marionnettistes cachés dans les coulisses, le conspirationnisme en arrive très souvent à assimiler ces comploteurs supposés aux Juifs. Pourquoi ? Parce que, pour des raisons historiques, il existe en circulation, disponible et « prêt à l’emploi », un abondant matériel indissolublement complotiste et antisémite. C’est particulièrement flagrant dans la littérature consacrée aux « Illuminati » qui réactualise le mythe du « complot judéo-maçonnique ».

Comment les termes "sionisme" et "antisionisme" permettent-il à l’extrême droite de réactualiser l’antisémitisme, sous couvert d’indignation face aux crimes du gouvernement israélien contre les Palestiniens ?

R.R. L’opposition politique au sionisme telle qu’elle a pu se développer entre la naissance du mouvement sioniste (1897) et la création de l’Etat d’Israël (1948) est en partie un phénomène juif. Qu’il soit d’inspiration religieuse ou laïque, socialiste ou libérale, cet antisionisme a pour l’essentiel quasiment disparu. Reste l’hostilité au sionisme en tant que soutien à l’existence d’un Etat juif en Palestine mais qui n’a de sens que dans la perspective d’un nationalisme arabe irrédentiste ou dans celle d’un internationalisme hostile par principe à toutes les identités nationales et appelant à la dissolution de tous les Etats sans distinction.

Mais « l’antisionisme » dont vous parlez n’est pas qu’une position par rapport au sionisme. C’est une obsession. L’antisionisme paranoïaque d’un Dieudonné, d’un Alain Soral ou d’un Yahia Gouasmi – le président du Parti Anti-Sioniste, qui explique très sérieusement que « derrière chaque divorce, il y a un sioniste » (sic) – prend historiquement sa source dans un courant antisémite qui interprète tout bonnement le sionisme comme un « complot juif ». L’idée qui est au centre de ce discours est que le sionisme n’est pas un mouvement national mais avant tout un « projet de domination mondiale », la pointe émergée d’une cabale secrète des Juifs contre le genre humain. Ainsi les Protocoles des Sages de Sion sont-ils présentés dès 1917 par ses commentateurs comme « les minutes de séances tenues secrètement au cours du premier Congrès sioniste ». Cette idée est d’ailleurs clairement formulée par Hitler dans Mein Kampf (1925) : « [Les Juifs] n’ont pas du tout l’intention d’édifier en Palestine un Etat Juif pour aller s’y fixer ; ils ont simplement en vue d’y établir l’organisation centrale de leur entreprise charlatanesque d’internationalisme universel ».

Ainsi, les antisémites ont commencé par incorporer un discours « antisioniste » à leur discours plus général de dénonciation d’un « complot juif mondial ». Ce n’est que dans un second temps, après la Seconde Guerre mondiale, qu’ils vont faire passer la critique radicale du sionisme au premier plan. D’abord parce que Hitler avait « déshonoré l’antisémitisme » (Bernanos) et que « l’antisionisme » permettait de camoufler l’expression d’un antisémitisme non assumé (c’est ce qui fera dire à Jankélévitch que « l’antisionisme est la permission d’être démocratiquement antisémite »). Ensuite parce que l’Etat d’Israël a vraiment vu le jour, événement qui va comme confirmer rétrospectivement les craintes des antisémites qui vont dès lors concentrer leurs attaques contre un « Sionisme » largement fantasmagorique.

Comment interprétez-vous le fait que des personnalités juives s’associent aux réseaux soraliens, comme Jacob Cohen ou Gilad Atzmon ?   

R.R. Que des personnalités juives ou réputées telles se fassent les complices d’antisémites déroute le sens commun, qui y voit quelque chose d’insolite, d’absurde, de contradictoire dans les termes. Mais cela ne devrait pas surprendre. D’abord parce que c’est loin d’être nouveau : songeons aux cas fameux, au XIXème siècle, des complotistes antisémites Jacob Brafman ou Osman Bey pour ne citer qu’eux. Ensuite parce que ce phénomène de « transfugisme » se rencontre dans d’autres configurations : certaines personnes issues d’une minorité stigmatisée font le choix de rejoindre les rangs de leurs ennemis naturels et cela n’est pas propre aux personnes d’origine juive.

Quant à Cohen et Atzmon, ils remplissent au sein de la mouvance formée autour de Soral et Dieudonné une fonction parfaitement claire : celle de caution de moralité permettant à leurs amis de parer l’accusation d’antisémitisme – la ficelle est un peu grosse mais cela a sans doute pour effet de sauver les apparences auprès du public qu’ils essaient de séduire. Ils y trouvent en retour une rétribution symbolique : on les célèbre, on loue leur « courage », leur « probité », ils gagnent en notoriété. Le narcissisme fait probablement partie de leurs motivations. Mais il entre évidemment dans ce genre d’engagement un dosage tout à fait singulier de motifs d’ordre biographique et psychologique.

Jacob Cohen et Gilad Atzmon ne sont pas les seuls dans leur genre. Mais gardons-nous de la tentation de dresser des listes. Laissons à l’extrême droite cette vieille tradition paresseuse qui dispense de discuter les arguments de l’adversaire. L’origine d’un individu ne devrait pas, de manière générale, être considérée comme un argument valable dans un débat politique digne de ce nom.


24/05/2014


Avec les opprimés toujours, avec les antisémites et les confusionnistes, jamais !

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Avec les opprimés toujours, avec les antisémites et les confusionnistes, jamais !

Ce texte est né de la volonté d’établir un positionnement politique sur l’antisionisme au sein de l’antifascisme. Il s’agit pour nous d’apporter des clarifications idéologiques face à ce qui nous semble être des erreurs stratégiques et politiques, qui alimentent une confusion malsaine et des proximités avec nos ennemis.

Nous nous sentons contraints à produire ce texte, mais nous ne considérons absolument pas qu’il constitue le centre du débat dans la situation actuelle. Nous pensons qu’il est nécessaire d’en parler, cela permettant de réduire l’espace pris par les antisémites, sous le couvert politiquement correct d’antisionisme.

Il est important pour nous de préciser qu’en tant que militants anticapitalistes et antifascistes radicaux nous sommes contre toutes les frontières, tous les états et souhaitons leur disparition et que, dans la guerre sociale en cours, nous refusons toute compromission avec l’ennemi quel que soit le sujet concerné et le visage arboré par  celui-ci. Nous sommes opposés à l’extrême-droite, au pouvoir en Israël et à sa politique coloniale, comme dans toute autre région/pays du monde.

Rappel des faits

Lors de la manifestation du 9 février contre le fascisme et l’antisémitisme à Paris est apparue une banderole “Contre le sionisme et le fascisme”(2). Le 22 février, à Toulouse, le groupuscule marxiste-léniniste OCML-VP a expulsé  la représentante locale du CRIF de la manifestation contre l’antisémitisme, organisée suite à des tags qui proclamaient entre autre “CRIF  A MORT”. Le communiqué suivant cette expulsion(1) indiquait que le CRIF n’avait pas sa  place dans les manifestations contre l’antisémitisme, “Ni à toulouse ni  ailleurs”. Le neuf Mai à Paris la banderole Contre le sionisme et le fascisme  était une nouvelle fois brandie. Le 15 mai 2014, le CAPAB, Génération-Palestine, l’UJFP et Paris 8 Palestine organisaient à Paris 8 une projection-débat sur le thème : “extrême droite et sionisme une alliance contre nature ?”(2).

Nos positions

Le  sionisme peut-être perçu de différentes manières et il serait trop long  de toutes les énumérer, ce qui n’est pas l’objet de ce texte. Quoiqu’il en soit il peut être défini sommairement comme une volonté politique de créer un territoire sur lequel vivrait le peuple juif .

Il est pour nous inconcevable de souhaiter la disparition d’un État en particulier (içi l’État d’Israël) en faveur d’un autre (ici l’État palestinien) ou de refuser le droit à certains individus d’habiter et de circuler sur un territoire donné à cause de leurs origines ou de leur religion. Nous avons des principes d’égalité, de droit à l’autodétermination, de liberté de circulation et d’installation, nous tenons à souligner que si un droit s’applique à l’un, il s’applique à tous.

Il  nous semble également inconcevable de considérer sur un pied d’égalité le fascisme et le droit d’un peuple à disposer de lui-même.

Par ailleurs tout comme il peut exister plusieurs écologies politiques il n’existe pas UN sionisme mais DES sionismes allant de l’extrême-droite  nationaliste et/ou religieuse, à l’extrême gauche marxiste voire libertaire. La question de la forme qu’a pris l’État d’Israël ou de sa  politique ne peut donc pas être réduite au fait qu’il soit le fruit du  sionisme tant les courants politiques qui y prennent part sont variés et parfois complétement opposés. De plus, réduire la société  israélienne au seul fait sioniste est un terrain dangereux, car c’est  nier qu’elle puisse être traversée par des contradictions (sionistes anti-colons et colons antisionistes par exemple), c’est nier que  la  lutte de classe la traverse aussi, en faisant des habitants d’Israël, une sorte de bloc monolithique, un peuple-classe.

Se définir comme étant “antisioniste”, c’est donc se définir contre le droit des juifs à habiter ensemble un lieu, en l’occurrence il s’agit d’être contre l’existence d’Israël et de ses habitants.

Israël  mène actuellement et depuis trop longtemps une politique coloniale hors de ses frontières, politique à laquelle nous sommes fermement opposés.  Cependant ce type de politique a été menée par beaucoup d’autres États comme la France et l’est également actuellement par la Chine au Tibet où  la Russie en Tchétchénie, et le fait est qu’avant celui ci, aucun  conflit de type anti-colonial n’a nécessité la disparition de l’État colonisateur. De même, actuellement, dans les autres conflits anti-coloniaux, les colonisés réclament légitimement leurs droits à disposer d’eux-mêmes, pas la disparition du pays d’origine de leurs oppresseurs. (Les tibétains ne souhaitent pas la disparition de la Chine ni les basques celle de l’Espagne et de la France)

Se définir comme “antisioniste” constitue pour nous de la part d’antifascistes une mise en contradiction avec les idées et les valeurs qu’ils défendent et une erreur stratégique majeure due à des erreurs d’interprétation et de vocabulaire politique, ainsi qu’a une désinformation orchestrée à ce sujet par des individus refusant tout débat sur la question et accusant tout contradicteur de compromission avec Israël, le Mossad, ou au “lobby sioniste”.

Ce  qui nous préoccupe réside dans les proximités malsaines auxquelles cette bêtise peu utile “antisioniste” (appelons les choses par leur  nom) mène nos camarades. Car rappelons le, l’antisionisme est avant tout ce qui sert de masque et de fond de commerce à une large partie de l’extrême-droite antisémite.

(1) //www.vp-partisan.org/article1200.html
(2)https://www.facebook.com/148552771986765/photos/a.151853658323343.1073741830.148552771986765/292088370966537/?type=1&theater

 

Une critique de la position de l’UJFP

Les amitiés de l’UJFP

En  2012 a Lyon L’UJFP soutient le confusionniste René Balme (1) qui relaie les textes  d’une bonne partie de la complosphère, parfois des  négationnistes et soutient Dieudonné.(16)

l’UJFP et Jacob Cohen

Écrivain s’inscrivant désormais dans la sphère soralienne, il donne des interviews et des conférences pour Égalité et Réconciliation (5), ces livres sont distribués par Kontre Kulture (4). Quenellier (6) il apporte son  soutien a Dieudonné “victime du lobby sioniste”
Avec Gilad Hatzmon Jacob Cohen sert de caution “juive” à Dieudonné (Gilad Hatzmon se produira  prochainement au théâtre de la  main d’or en tant qu’ “haineux de lui-même et fier de l’être”).
Il fut question de son “exclusion ou non” (sic) de l’UJFP, qui ne l’a toujours pas rendue publique. (7)
En l’absence de clarification de la part de l’UJFP, nous sommes en droit de penser que l’exclusion n’a pas eu lieu, puisque 8 mois après sa suspension Jacob Cohen est encore invité par l’UJFP (et GP) à se produire en conférence à Lille (13). Certaines associations  organisatrices de la conférence ont préféré discrètement se retirer, vu le caractère sulfureux de l’orateur (AFPS).
Jacob Cohen présent au “congrès de  la dissidence” avec Dieudo, Soral, Laurent Louis, Kemi Seba… (8)

Il  nous est difficile de comprendre comment des organisations comme l’UJFP et GP qui se veulent lutter pour l’émancipation et manifester a nos cotés contre le racisme puissent collaborer avec un tel personnage.

De Generation Palestine

Le 30  octobre 2013, il est une nouvelle fois invité par GP à Lille pour une conférence intitulée « Que pouvons-nous faire face à Israël ? »  et qui sera filmée et diffusée par le Cercle des  Volontaires, un satellite soralien.(11)(12)
Il nous semble difficile politiquement de se poser en défenseur des palestiniens et de défendre El Assad responsable de la répression du camp de Yarmouk. (15)
GP 69 a aussi organisé une conférence avec un élu municipal PCF, grand admirateur de Soral au point de lui offrir son écharpe tricolore. (9)

Génération Palestine est “une association de jeunes d’Europe luttant pour la  reconnaissance et le respect des droits du peuple  palestinien.”  (Source :  GP)
Nous pouvons concevoir que cette association ne soit pas au fait de personnalités évoluant vers l’extrême droite. Pourtant il semble difficile de les ignorer. Parmi celles-ci, Michel Collon.  Boutiquier s’étant déjà fait remarquer pour son  soutien aux dictateurs  Khadafi et El Assad (14), il est  également proche du réseau Voltaire de Meyssan dont il relaie la propagande. Dans le livre Israël parlons-en il travaillera avec Paul-Eric Blanrue,  négationniste notoire, et Jean Bricmont, militant de l’abrogation de la loi Gayssot (3). GP l’avait invité plusieurs fois pour débattre au sujet de ce livre en 2010 (10). Ce que déjà, à l’époque, des militants avaient critiqué sans que cela n’ait de conséquence.
Ces simples éléments suffisent à douter de l’objectivité de ce journaliste sur le conflit Israël/Palestine, ainsi que sur les positions de Génération Palestine sur ce dernier.

L’UJFP et GP sont des associations se voulant progressistes et combattant les inégalités et les discriminations. En outre ces associations luttent pour l’émancipation des peuples. En ce cas pourquoi politiquement se prononcer contre l’existence d’Israël et au droit du peuple juifs à avoir un endroit où vivre?
Nous ne comprenons pas non plus comment L’UJFP et GP qui manifestent à nos cotés contre le fascisme peuvent accueillir en leur sein des personnes comme Michel Collon et Jacob Cohen.

Notre solidarité et notre égalitarisme nous obligent à soutenir TOUS les peuples dans le respect de leurs droits.

 

Ce texte est envoyé a : CAPAB, Génération Palestine, La Horde, UJFP,  ….

Nous  regrettons le manque d’ouverture et de dialogue  des organisations CAPAB  , GP Paris, AFA Paris-banlieue. Nous avons  individuellement tenté de dialoguer,  nous n’avons trouvé en retour que des censures (exception faite de La Horde). Nous avons diversement  proposer des arguments et  des débats. Ce refus nous a amener a nous  construire ce texte collectif.
Ce texte se veut un outil de dialogue et de réflexion. Le but est d’amener des éléments permettant de faire évoluer le débat sur la question du sionisme. Nous pensons que le partage des connaissances et arguments permettront de retrouver de la sérénité dans ce débat.

 

solidaire égalitaire libertaire

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(1) //www.ujfp.org/spip.php?article2311 //www.brasiersetcerisiers.antifa-net.fr/probleme-parti-de-gauche-extreme-droite/ //www.parasite.antifa-net.fr/la-limite-est-franchise/
(2) //www.humanite.fr/fil-rouge/mercredi-19-decembre-a-lille-soiree-sous-le-theme-peut-on-parler-librement-de-la-palestine-
(3)  Michel  Collon, co-directeur du livre “Israël, parlons-en!”, livre qui rassemble 20 entretiens dont certains avec Jean Bricmont et Paul-Eric Blanrue //danactu-resistance.over-blog.com/article-israel-parlons-en-un-livre-de-michel-collon-51737640.html
(4)//www.conspiracywatch.info/Jacob-Cohen-caution-morale-de-l-antisionisme-paranoiaque_a977.html
(5)//www.egaliteetreconciliation.fr/Conference-de-Marion-Sigaut-et-Jacob-Cohen-21006.html
(6)//www.dailymotion.com/video/x19k2db_jacob-cohen-juif-antisioniste-glisse-une-quenelle-a-manuel-valls-en-soutien-a-dieudonne_news
(7)//www.silviacattori.net/article3134.html
(8) //www.streetpress.com/sujet/132363-a-bruxelles-la-galaxie-soral-prend-une-douche
(9) //www.parasite.antifa-net.fr/appel-pour-un-sursaut-salutaire-de-lantifascisme/  //www.generation-palestine.org/sites/default/files/invitation%20R%C3%A9union%20Palestine%20Saint-Priest.pdf
(10)//rebellyon.info/Conference-debats-Israel-parlons.html
(11)   //www.cercledesvolontaires.fr/2013/11/07/michel-collon-pour-moi-lensemble-de-letat-disrael-est-terroriste/
(12) qui est le cercle des volontaires : //blogs.mediapart.fr/blog/frachon23/110912/alerte-antifasciste-le-cercle-des-volontaires
(13) //www.humanite.fr/fil-rouge/mercredi-19-decembre-a-lille-soiree-sous-le-theme-peut-on-parler-librement-de-la-palestine
(14)//communisme-ouvrier.info/?Non-a-la-presence-de-Michel-Collon
//soliranparis.wordpress.com/2013/04/05/alerte-antifasciste-lille-conference-de-soutien-a-bachar-al-assad/
(15)//orientxxi.info/magazine/l-enfer-de-yarmouk-camp,0518
(16)//www.ujfp.org/spip.php?article2311

[Ndr: Les écrits qui figurent dans la rubrique "apports théoriques" n’engagent que le/les auteur/s qui les signe/nt.]


24/05/2014


M. Le Pen, votre seigneur Ebola peut aller se recoucher, il ne m’aura pas

//www.liberation.fr/debats/2014/05/23/monsieur-le-pen-votre-seigneur-ebola-peut-aller-se-recoucher-il-ne-m-aura-pas_1025209

 

"

Le 25 mai sera-t-il une belle journée ? J’en étais convaincue jusqu’à il y a quelques heures. J’attends toujours le 25 mai avec impatience. C’est mon anniversaire. Cette année, je vais avoir 35 ans. Un miracle. Parce que je suis une survivante, je suis rescapée du génocide des Tutsis du Rwanda. Mais pas seulement. Je suis aussi une mère, et ce 25 mai, c’est aussi la fête des mères et j’ai hâte de découvrir les dessins que mes enfants me préparent en secret depuis quelques jours. Ça aussi, c’est un miracle, un bonheur inespéré. Mais depuis quelques heures, mon cœur n’est plus vraiment à la fête. Une phrase tourne dans ma tête encore et encore… «Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois…»

Ces mots que je lis et relis dans le journal ont été prononcés par le candidat du Front national M. Jean-Marie Le Pen, en campagne à Marseille pour les élections européennes du 25 mai… à propos de l’immigration. Eh bien, Monsieur Le Pen, je vais vous dire une chose : le pire Ebola qui ait jamais frappé l’homme, c’est bien celui qui sort de votre bouche. C’est la haine. Au Rwanda, le pays où je suis née, il a fait un million de morts en trois mois. Comme quoi, vous voyez que votre Dieu ne vous trompe pas, il peut être efficace.

Eh oui, Monsieur Le Pen, vous avez raison, votre seigneur Ebola est très dangereux, il peut faire beaucoup de mal si on le laisse prendre le pouvoir. Je me souviens qu’un jour, quand j’étais enfant, j’ai accompagné ma mère voter. Je ne sais plus de quelles élections il s’agissait. Mais quelle importance puisque, sous la surveillance de votre seigneur Ebola, les citoyens étaient appelés devant des militaires armés à choisir entre un billet noir ou un billet vert, qui allait reconduire au pouvoir un parti qui n’avait d’autres programmes que de chasser «les étrangers», les Tutsis, à qui étaient imputés tous les malheurs du pays, pour qu’enfin les «vrais autochtones» les Hutus, puissent accéder au bonheur. Bref, le papier vert a gagné. Et à votre seigneur Ebola, il lui a fallu trois mois pour régler ça.

Vous avez raison, Monsieur Le Pen il n’est jamais trop tard, jamais trop tard pour dire non à la haine. Alors moi, le 25 mai, jour de mon anniversaire, je vais aller voter. Je vais aller barrer la route à la haine. Parce que, Monsieur, que cela vous plaise ou non, je suis française. Je suis ici chez moi. Et mon chez-moi, ma France, contrairement à vous, je ne la prends pas pour acquise. Lorsque rendue orpheline par votre Ebola, je n’ai plus eu nulle part où aller et plus de mère pour prendre soin de moi, la France m’a accueillie. Elle a fait de moi son enfant. J’étais sale, j’étais seule, j’étais meurtrie, et pourtant elle m’a acceptée. Elle m’a ouvert ses bras et m’a offert sa protection. Elle m’a nourrie, elle m’a éduquée, elle m’a soignée. Elle est désormais ma terre, ma terre mère, et cela, je crois que ni vous ni personne ne peut rien y changer. Chaque jour depuis vingt ans, je lui suis reconnaissante, parce que je sais que jamais plus je ne serais apatride, que jamais plus personne ne pourra atteindre à ma vie parce qu’il se croit plus chez lui que moi.

Monsieur Le Pen, je suis noire comme le chocolat, je suis arrivée immigrée dans cette belle France, mais immigrée je ne le suis plus. Je suis française, je suis européenne, et j’en suis fière.

Votre seigneur Ebola peut aller se recoucher, il ne m’aura pas. Je vais aller voter dimanche avec encore plus de conviction que ma France ne devrait pas être représentée par des fervents du seigneur Ebola. Ebola tue, et de la pire façon qu’il soit. Il vous vide de votre sang dans des souffrances atroces. Merci Monsieur Le Pen, de votre sincérité. Que ceux qui n’avaient pas encore compris la foi qui vous anime soient enfin éclairés.

Annick KAYITESI-JOZAN Ecrivaine"

24/05/2014


Soral : des apparences de l’islamophilie… au paternalisme néocolonial

//www.rue89lyon.fr/2014/04/03/disciples-alain-soral-nauseabondent-lyon/

Quand les disciples d’Alain Soral nauséabondent à Lyon

19548 VISITES | 181 COMMENTAIRES

TRIBUNE/ Un des cours donné récemment par Philippe Corcuff à l’Université Populaire de Lyon et les critiques aux relents nauséabonds qui lui ont été faites sur le site des fans locaux d’Alain Soral, considéré comme un des principaux inspirateurs intellectuels de Dieudonné, contribuent à braquer les projecteurs sur un groupe porteur d’un néoconservatisme xénophobe, sexiste, homophobe et nationaliste aux apparences « anti-système ».

Par Philippe Corcuff et Haoues Seniguer

Dans un climat de crise économique et sociale, de brouillage des repères éthiques et politiques, ainsi que de montée des xénophobies et des nationalismes en Europe, dont la progression du Front National aux élections municipales en France constitue une des modalités, il paraît particulièrement opportun de démonter l’illusionnismeporté par ce type de discours.

 

La propagande soralienne à destination des milieux musulmans, à Lyon et ailleurs

La photo d'Alain Soral utilisée pour son compte Twitter.

La photo d’Alain Soral utilisée pour son compte Twitter.

Egalité et Réconciliation (ER), la structure dirigée par Alain Soral, possède une antenne locale dans la région lyonnaise. Comment rendre compte à grands traits de cette implantation ? C’est un territoire qui, manifestement, intéresse les épigones soraliens. Selon des chiffres d’une étude de l’IFOP de 2009, il apparaît que la région Rhône-Alpes figure parmi les régions les plus importantes en matière de présence musulmane sur son territoire, avec un taux compris entre 5 et 10%.

La région lyonnaise a également la particularité d’être un foyer important du militantisme musulman et/ou de personnes issues de l’immigration. En effet, l’un des premiers grands noyaux de l’islam de France a précisément émergé à Lyon avec la création en 1987 de l’Union des Jeunes Musulmans de France (UJM). Ce n’est donc pas un pur hasard qu’un débat vif et contradictoire a opposé en 2012, sur les plateaux du site Oumma.com, Abdelaziz Chaambi, lyonnais, membre fondateur de l’UJM et président de CRI (Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie en France), à Alain Soral. Ce dernier prétend que le tiers des membres de son association serait des musulmans.

« Exclusivité Oumma TV : le duel Alain Soral/Abdelaziz Chaambi », publié par Oumma.com, 23 mars 2012.

 

« Français de souche », « de branche » ou de « fraîche date »

Alain Soral, qui est tout à la fois un militant politique et un entrepreneur économique, semble avoir compris qu’il pouvait exploiter les fragilités socioéconomiques et les questionnements identitaires, souvent intriquées, de nos concitoyens de culture musulmane. Il s’agirait alors pour lui de transformer des secteurs de cette catégorie de la population en une force d’appoint au projet de société que tend à porter Égalité et Réconciliation.

Contexte des échanges entre Philippe Corcuff et les rédacteurs du site Rhône-Alpes d’Egalité et Réconciliation

Le cours de Philippe Corcuff (audible sur le site de l’Université Populaire de Lyon) auquel ont assisté les auditeurs soraliens et rédacteurs de billets sur le site local d’Egalité et Réconciliation était intitulé « Quatre figures actuelles du brouillage idéologique : Laurent Bouvet, Jean-Claude Michéa, Eric Zemmour, Alain Soral ». Il s’est tenu le 18 mars dernier, dans le cadre d’une série de trois séances sur « Les années 1930 reviennent et la gauche est dans le brouillard ».

Ce projet apparaît marqué par un fort nationalisme associé à deux caractéristiques : le racialisme et l’antisémitisme. D’un côté, « le président » (sic) oppose « Français de souche » à « Français de branche » ou de « fraîche date » (ce type d’énoncé est volontiers utilisé par ses partisans), avec, par ailleurs, un rejet et un mépris manifestes des immigrés et des étrangers ; de l’autre, le polémiste accuse « les juifs » en général, par leur cosmopolitisme et « suprématisme » supposé intrinsèque, d’alimenter l’anti-France, de faire systématiquement le jeu de l’État d’Israël.

Il y aurait ainsi pour Soral le peuple de France, un, homogène, de couleur blanche et de « culture catholique » séculaire, et, en face, tous les autres, qui demeurent des ennemis potentiels ou des adversaires, dont certains peuvent cependant être cooptés, dont « les musulmans patriotes ». Cette représentation manichéenne du monde procède à chaque fois d’un essentialisme profond, sur lequel nous reviendrons.

 

Les chargés de communication : Farida Belghoul, Albert Ali, Camel Bechikh

L’un des axes principaux de la propagande soralienne à l’adresse des musulmans de religion ou simplement de culture consiste à les convaincre que « la communauté juive » dans son ensemble, parfois désignée de manière euphémisée comme « sioniste », organiserait leur ostracisation par son influence déterminante sur les centres du pouvoir.

C’est le retour du thème traditionnel du « complot juif » ! Soral s’efforce alors de fédérer « les musulmans patriotes » autour d’un ennemi commun qui demeure toutefois labile, ce qui autorise une plus grande plasticité selon le public visé et les contextes de discours : « le système » (désignant tour à tour « l’Empire », « la finance internationale », « les banques », « le capitalisme », « les élites », « les médias », etc.), doté toutefois le plus souvent de tonalités « juives » stigmatisées.

Soral et ses affidés jouent sur un ressort principal, dont ils proposent moins le dénouement que l’entretien : le fait que l’islamophobie, c’est-à-dire les discriminations anti-musulmanes et/ou anti-maghrébines, ne soit pas élevée au rang d’un problème public appelant une action ferme de la part des gouvernants. On pourrait même parler d’une certaine porosité électoraliste des gouvernants vis-à-vis de l’islamophobie (voir les analyses des sociologues Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, dans Islamophobie, comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman », Paris, La Découverte, 2013). Elle commence par la non-reconnaissance officielle du terme même d’« islamophobie ».

Pour crédibiliser sa prétendue islamophilie et arabophilie, Alain Soral s’est attaché les services de trois personnages clés, destinés en quelque sorte à gérer sa communication et à étendre son aura auprès des musulmans de France : Camel Bechikh, président de Fils de France, membre de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), Albert Ali, lui-même membre de l’UOIF, et Farida Belghoul, initiatrice des JRE (Journées de Retrait de l’École) contre « la théorie du genre à l’école » et fermement convaincue, à l’instar de Soral, que dans la coulisse agirait « la France judéo, maçonnique, socialiste, parlementariste, sodomite ».


Conférence d’Alain Soral, Farida Belghoul et… par ERTV
Dans « De l’antiracisme à Égalité & Réconciliation : rencontre avec Farida Belghoul », enregistrée le 22 juin 2013 au théâtre de la Main d’Or, Dailymotion, 15 août 2013. citation prélevée autour de 52 mn 30 secondes.

 

Soral : des apparences de l’islamophilie… au paternalisme néocolonial

À y regarder de près, les discours de Alain Soral sont truffés de paralogismes ou de défauts de raisonnement majeurs, lesquels, néanmoins, n’apparaissent pas nécessairement en tant que tels, tant une rhétorique de la transgression permanente et la désignation de boucs-émissaires commodes est susceptible d’avoir des effets de brouillage.

Par exemple, les proclamations islamophiles et arabophiles de Soral apparaissent contredites par des relents arabophobes et néocolonialistes moins visibles, voire par un mépris de classe et un paternalisme qu’il n’a de cesse de reprocher à ses adversaires politiques. Dans sa vidéo d’avril 2012, « Pourquoi la communauté Arabo-musulmane n’arrive pas à s’imposer ? » :

« Les maghrébins ne savent pas demander gentiment (…) La communauté [maghrébine/musulmane, ndla] est la plus mal vue de France, la plus méprisée de France, la plus humiliée de France (…) Ils [les Maghrébins/musulmans, ndla] sont toujours les plus mal lotis parce qu’ils n’ont toujours pas accédé au pouvoir politique, parce qu’ils n’ont aucun pouvoir économique (…) Les maghrébins sont dans un échec total : ils n’ont jamais atteint l’autonomie (…) ils continuent à mendier le travail et à mendier le respect, c’est-à-dire qu’ils sont totalement dans l’indigénat ».

Autrement dit, « l’Arabo-musulman », aux yeux de Soral, demeure dans l’ordre des moyens et n’accède pas au rang de fin, c’est-à-dire ne devient pas, dans une logique kantienne, un sujet de droit d’égale dignité. En somme, le chef d’Égalité et Réconciliation n’est ni l’ami des déclassés sociaux, ni un combattant de l’islamophobie, il porte plutôt un projet du choc des identités et des civilisations, dont les fameux « musulmans patriotes » ne sont qu’un instrument.

Il ne peut pas, non plus, incarner la lutte contre les discriminations racistes, car il s’appuie sur une xénophobie (l’antisémitisme) pour en dénoncer une autre (l’islamophobie). Du coup, il perd un appui éthique fondamental pour la critique du racisme : le principe de commune humanité faisant de tous les humains, quelle que soit leur religion ou leurs cultures de référence, des humains au même titre. Il fait même reculer l’antiracisme, en alimentant les concurrences entre antiracismes et entre racismes.

 

Antisémitisme et islamophobie : s’émanciper des théories du complot

Les séductions rhétoriques portées par Alain Soral sont particulièrement nourries par deux ornières intellectuelles radicalement mises en cause par les sciences sociales contemporaines : le conspirationnisme et l’essentialisme.

Le conspirationnisme (ou théories du complot) consiste en une vision systématique d’un événement ou, plus largement, du cours de l’histoire humaine, mettant l’accent sur la manipulation consciente et cachée par quelques personnes ou groupes puissants. La critique de telles théories du complot ne remet pas en cause l’existence (bien réelle) de « complots », de manipulations cachées, de « coups tordus », etc. dans l’histoire humaine. C’est seulement l’hypothèse selon laquelle ces manipulations donneraient le La aux événements qui est refusée.

Ainsi, au lieu de faire des intentions manipulatrices de quelques puissants le cœur des mécanismes sociaux, les sciences sociales relocalisent la place des intentions humaines dans des mécanismes sociaux et historiques plus larges : le poids de structures sociales (de classes, de sexes, coloniales, etc.) pesant sur les intentions, la place des habitudes acquises, voire du non-conscient…

Les sciences sociales n’expliquent presque jamais un événement par un seul facteur (par exemple, un « complot ») : leurs explications recourent le plus fréquemment à plusieurs facteurs (la manipulation consciente et cachée pouvant être au plus une des composantes de l’explication). Á l’inverse, le conspirationnisme se présente donc comme une pensée magique au sein de laquelle domine une intentionnalité maligne ou « diabolique ».

La magie conspirationniste est souvent liée à une autre modalité puissante et peu visible de manichéisme, nichée dans les usages les plus ordinaires du langage : l’essentialisme. Le grand philosophe du XXème siècle Ludwig Wittgenstein a d’ailleurs associé ce travers de raisonnement à un écueil langagier : la « recherche d’une substance qui réponde à un substantif » (dans Le Cahier bleu et Le Cahier brun, Paris, Gallimard, 1965, p.51).

Un substantif, c’est un mot. Comme « les musulmans », « le voile (islamique) » ou « les juifs ». Or, de manière courante, on va fréquemment chercher derrière chaque substantif une substance ou une essence, c’est-à-dire une entité homogène et durable. Les sciences sociales s’intéressent, contre cette uniformisation du réel, aux contradictions de la réalité, aux diversités qui la peuple, en pointant certes des tendances dominantes, mais aussi des contre-tendances. Associé à cet essentialisme, le conspirationnisme pose ces essences comme des entités manipulatrices de l’ombre, par exemple sous la forme du « complot juif » ou du « complot musulman ».

 

Soral sur le chemin approximatif de… BHL

Á travers les pièges conspirationnistes et essentialistes, la rhétorique soralienne propose aux « musulmans patriotes » de combattre l’islamophobie en emboîtant le pas aux stéréotypes antisémites. Mais pour se défaire des préjugés islamophobes, ne doit-on pas plus radicalement mettre en cause les tuyaux essentialistes et conspirationnistes dans lesquels circulent sur le mode de l’évidence les discours islamophobes comme les discours antisémites ? « L’islam » et « les musulmans » comme essences maléfiques ou les amalgames entre « terrorisme », « islamisme » et « islam » comme participant d’un complot contre « la civilisation occidentale » en général ou contre « l’identité française » en particulier : ça ne vous rappelle rien ?

Les impasses conspirationnistes et essentialistes du point de vue de la connaissance ont un succès bien au-delà du soralisme, puisqu’elles affectent aussi largement l’extrême-droite classique, le centre et la gauche de l’échiquier politique. Or, avec le conspirationnisme et l’essentialisme soralien, via notamment l’usage du support vidéo sur internet et « le médiactivisme » qu’il produit (voir Médiactivistes par Dominique Cardon et Fabien Granjon), on a franchi un stade supplémentaire de délabrement des critères de la connaissance. La BHLisation, avec la place prise par les médias audiovisuels, avait constitué un premier palier dans cette dégradation à partir de la fin des années 1970.

Soral, bien que faisant fréquemment de notre BHL national un adversaire, pour des raisons d’antisémitisme plus que de défense de la rigueur philosophique, lui emboîte donc le pas sur le terrain de la dilution de la qualité intellectuelle, en allant même plus loin.

Or, paradoxalement, plusieurs indices laissent penser que la magie du verbe soralien a une certaine audience dans un public fréquentant ou ayant fréquenté l’université, donc doté d’un certain capital scolaire. C’est pourquoi l’université en général et les sciences sociales en particulier ont une responsabilité citoyenne en la matière.

 

Les auteurs

  • Philippe Corcuff est maître de conférences de science politique à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon et co-fondateur de l’Université Populaire de Lyon ; il tient un blog sur Mediapart.
  • Haoues Seniguer est chercheur au Groupe de Recherches et d’Études sur la Méditerranée et le Moyen Orient (GREMMO) et enseignant à l’IEP de Lyon.Publications dans le Huffington Post.

23/05/2014


Alain Soral à Lyon : « une conférence qui favorise le racisme et l’antisémitisme »

//www.rue89lyon.fr/2014/05/22/alain-soral-a-lyon-conference-qui-favorise-racisme-antisemitisme/

 

Alain Soral à Lyon : « une conférence qui favorise le racisme et l’antisémitisme »

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Ce lundi 26 mai à 19h, dans une salle de conférence du 5e arrondissement de Lyon, l’idéologue d’extrême droite Alain Soral qui se définit comme« national-socialiste », donnera une conférence. Le compagnon de route de Dieudonné a choisi un titre qui en dit long : « Les juifs et les autres ».

Contacté par Rue89Lyon, le préfet du Rhône, Jean-François Carenco, a réagi :

« Le titre de la conférence laisse furieusement penser qu’il pourrait s’agir d’une rencontre qui favorise le racisme et l’antisémitisme. Il n’y a pas les juifs et les autres. Le racisme consiste précisément à dire qu’il y a des personnes différentes des autres. »

Et il ajoute :

« On connaît les engagements de Monsieur Soral. Il attise les petites haines qui rongent notre République. »

Mais Alain Soral tient l’argument pour se dédouaner de tout propos antisémite.

Le leader d’Egalité et Réconciliation interviendra en effet aux côtés de Gilad Atzmon, un saxophoniste israélien pro-palestinien, engagé depuis plusieurs années dans la mouvance Soral-Dieudonné. Des intellectuels palestiniens avaient tenu à prendre publiquement leur distance avec Gilad Atzmon qualifié dans une tribune d’« antisémite au sens classique ».

 

La conférence d’Alain Soral aura lieu

Contrairement au spectacle de Dieudonné « Le mur » interdit en janvier dernier, cette conférence ne sera pas interdite par le représentant de l’Etat à Lyon :

« Il s’agit d’une réunion privée », expose le préfet du Rhône qui ajoute que des policiers en civil iront écouter les débats.

Comme dans toutes les conférences organisées par Egalité et Réconciliation dans la région lyonnaise, il faut d’abord envoyer un mail et numéro de téléphone pour ensuite être prévenu au dernier moment.

A la manoeuvre, comme le révèle le site Rebellyon, l’association « Racines et Saveurs » faux-nez des Soraliens à Lyon. La salle du 5e arrondissement a été réservée sous ce nom.

Ce n’est pas la première fois que la section Rhône-Alpes d’Egalité et Réconciliation organise une conférence. C’est même une de ses spécialités militantes. La précédente, en février dernier, avait eu lieu à Meyzieu, avec Farida Belghoul, l’initiatrice de la « Journée de retrait de l’école ».


23/05/2014


Montrer Marine Le Pen dessinée en étron n'est pas diffamatoire selon la justice

//ecrans.liberation.fr/ecrans/2014/05/22/montrer-marine-le-pen-dessinee-en-etron-n-est-pas-diffamatoire-selon-la-justice_1024296

Laurent Ruquier en juin 2013.L’animateur Laurent Ruquier (photo DR) a été condamné jeudi à 1 000 euros d’amende avec sursis pour avoir montré en 2011 sur France 2 un dessin représentant Marine Le Pen au centre d’un arbre généalogique en forme de croix gammée. Le PDG de France Télévisions Rémy Pflimlin, directeur de la publication, a été condamné à la même peine par le tribunal correctionnel de Paris, qui l’a déclaré coupable d’injure publique.

«Même s’il n’est pas l’auteur du dessin incriminé, Laurent Ruquier s’est bien rendu complice de l’infraction en le présentant délibérément à l’antenne», a estimé la 17e chambre du tribunal correctionnel. Ils ont en outre été condamnés solidairement à verser 2 000 euros de dommages et intérêts à la présidente du Front national, et la même somme au titre des frais de justice.

Marine Le Pen avait également saisi le tribunal car en 2012, Laurent Ruquier avait montré, parmi d’autres affiches électorales imaginaires parues dans l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, un dessin représentant un étron fumant avec le slogan «Le Pen, la candidate qui vous ressemble».

Dans ce dossier, Marine Le Pen a été déboutée. Le tribunal a estimé que l’animateur s’est contenté de montrer l’ensemble des affiches en précisant qu’elles provenaient de l’hebdomadaire, qui n’a pas été poursuivi, «sans les reprendre à son compte et en marquant au contraire une certaine distance» en avertissant «c’est satirique, c’est Charlie Hebdo».

AFP

23/05/2014


Européennes aux Pays-Bas : le parti de Wilders, allié du FN, en échec

//www.leparisien.fr/elections-europeennes/europeennes-aux-pays-bas-le-parti-de-wilders-allie-du-fn-en-echec-22-05-2014-3862799.php

 

Européennes aux Pays-Bas : le parti de Wilders, allié du FN, en échec

Publié le 22.05.2014, 22h56 | Mise à jour : 23h36

LA HAYE (PAYS-BAS), 22 MAI 2014. Geert Wilders, le chef de file du parti populiste néerlandais à la sortie de l'isoloir.

LA HAYE (PAYS-BAS), 22 MAI 2014. Geert Wilders, le chef de file du parti populiste néerlandais à la sortie de l'isoloir. | AFP/ANP/BAS CZERWINSK

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Les Néerlandais, comme les Britanniques, ont commencé à voter ce jeudi pour les européennes. Le parti populiste de  Geert Wilders essuierait un cuisant échec. Selon un sondage à la sortie des urnes*, le Parti de la liberté (PVV) n'est crédité que de 12,2% des voix, contre 17% cinq ans plus tôt, qui se traduisent par trois sièges au , contre cinq en 2009.   Les centristes (15,6%) et les chrétiens-démocrates (15,2%), crédités de quatre sièges chacun, termineraient en du scrutin aux Pays-Bas.

Au moment de la publication du sondage, le silence s'est abattu sur le bar de la banlieue balnéaire de La Haye où étaient rassemblés les partisans du Parti de la liberté (PVV) dirigé par Geert Wilders et allié du Front national dans ces élections, qui devait prendre la parole plus tard dans la soirée. Les analystes avaient prédit que Geert Wilders pourrait souffrir de l'apathie de ses électeurs traditionnels, peu enclins à aller voter pour des européennes qui ne déchaînent pas les passions aux Pays-Bas. Le faible taux de participation (37%) aux Pays-Bas l'aura sans nul doute pénalisé.

Le site PollWatch, qui compile les sondages effectués dans les 28 pays de l'UE, crédite le groupe de la droite conservatrice et du centre-droit d'une courte avance, avec 217 élus contre 201 pour les Socialistes.

* Sondage réalisé par Ipsos publié par la télévision publique néerlandaise NOS.

 

LeParisien.fr


23/05/2014


Un ancien prof de Marine Le Pen critique ses copies rédigées «en phonétique»

//www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2014/05/22/25002-20140522ARTFIG00216-un-ancien-prof-de-marine-le-pen-critique-ses-copies-redigees-en-phonetique.php

 

Un ancien prof de Marine Le Pen critique ses copies rédigées «en phonétique»

L'ancien vice-présidente du FN, Jean-Claude Martinez et Marine Le Pen, présidente du Front national. Montage Le Figaro/Abaca press/AFP

LE SCAN - L'ancien vice-président du Front national, aujourd'hui candidat aux élections européennes au côté de Christine Boutin, se lâche dans une interview au site Roads.

Six ans après avoir quitté le Front national dont il était le vice-président, Jean-Claude Martinez se lâche dans une interview au site internet Roads , repérée par Libération . L'homme distribue ses remarques acerbes à de nombreuses figures politiques, y compris Christine Boutin au côté de laquelle il se présente aux élections européennes de dimanche. Mais sa cible favorite, c'est Marine Le Pen et son entourage.

«Si Marine Le Pen est devenue ce qu'elle est aujourd'hui, c'est uniquement parce qu'Arlette Chabot est tombée amoureuse d'elle. C'est elle sa mère porteuse, celle qui l'a créé. C'est un bébé politique/éprouvette, pour des raisons qui doivent relever de Françoise Dolto (psychanalyste spécialiste de l'enfance, ndlr)», affirme Jean-Claude Martinez. Il poursuit: «Je l'ai amené par la main s'inscrire à Assas et je l'ai même eu comme étudiante. Elle est du même niveau que Nadine Morano ou Rachida Dati. Elle n'était pas si différente des autres jeunes. Elle écrit en phonétique, ses devoirs étaient dramatiques». Il a effectivement été professeur de droit public et de sciences politiques à Paris II mais selon un journaliste du Monde, les étudiants ne doivent plancher que sur des QCM ou lors d'oraux.

«Entre chihuahuas, c'est la plus forte»

Malgré ces critiques, il se dit optimiste quant à l'avenir politique de son ancienne étudiante: «Elle va devenir présidente (...) Regardez! Mitterrand, puis Chirac, puis Sarkozy, puis Hollande, et enfin Marine Le Pen: la descente est algébrique, logique, continue. Avec elle, on passera sous le cap du zéro. Elle va arriver au pouvoir mécaniquement, sans le faire exprès». Il ajoute: «Marine Le Pen n'affronte pas des fauves, elle affronte des chihuahuas. Alors entre chihuahuas, effectivement, c'est la plus forte.» Mais l'ex-professeur dénonce la «vacuité, la vulgarité et la violence» de son ancienne élève. «Elle ne porte pas la grandeur en elle», tacle-t-il.

Très amer, l'ancien vice-président du Front national regrette l'époque à laquelle Jean-Marie Le Pen était président du mouvement. «On pouvait encore discuter franchement. Maintenant, le Front, c'est de la merde. En interne, ils se déchirent autour de trucs de bonnes femmes, de rivalités, de ragots. Tout cela est médiocre», juge-t-il. Florian Philippot en prend pour son grade: «Tout sauf brillant (...) bon élève (...) mais je ne vois aucun éclair de génie en lui (...) c'est un bon chevènementiste: con, obsolète et étriqué comme son mentor».

Quand il a quitté le Front national, Jean-Claude Martinez raconte que Jean-Marie Le Pen a essayé de le convaincre de rester: «Gros lapin, pourquoi pars-tu alors que tu pourrais être député européen à vie en restant au FN?»

Et l'ancien cadre poursuit: «J'ai demandé à Bruno Gollnischs'il voulait aussi me suivre dans le cas où Marine Le Pen, ‘la petite', devenait présidente du parti. Il m'a répondu: ‘Ce n'est pas bien ce que je fais en restant, mais je préfère être député européen à vie'». Ce qui l'amène à faire ce commentaire: «C'est drôle que certaines personnes pensent que Gollnisch est une personne indépendante, qui serait guidé par le Christ et la voie lactée… Non, quand il rentre dans Jérusalem, sur son bourricot, il choisit d'être roi de Jérusalem. C'est la différence avec le Christ.»

Jean-Claude Martinez a porté plainte contre l'auteur de l'interview expliquant qu'il s'agissait d'une conversation privée, ce que dément le journaliste.


23/05/2014


Franche-Comté. Démantèlement d'un groupuscule néonazi armé prêt à défendre ses idéaux

//www.ladepeche.fr/article/2014/05/20/1884659-franche-comte-demantelement-groupuscule-neonazi-arme-pret-defendre-ideaux.html

 

Franche-Comté. Démantèlement d'un groupuscule néonazi armé prêt à défendre ses idéaux

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Besançon, dans le Doubs. - Idé.

Besançon, dans le Doubs.

Mardi 20 mai à 6 heures, dans le Doubs, la gendarmerie a procédé à l'interpellation d'une demi-douzaine d'individus soupçonnés d'appartenir à un groupuscule néonazi. Une photo publiée sur le site internet de ce dernier montre des hommes cagoulés, munis d'armes de guerre : kalachnikov, fusil à pompe, fusils de chasse... Basé en Franche-Comté, le groupuscule en question est baptisé « Blood & Honour C18 » (Sang et honneur combat 18).

Le groupe est monté en puissance, ces dernières semaines, avec la valorisation de cette photographie et l'annonce selon laquelle il était prêt à passer à l'acte pour défendre ses idéaux nationalistes. Il a également laissé sa marque par le tag « Blood C18 Honour » de plusieurs mètres de longueur et de hauteur, dans une ferme du département et un autre sur un bâtiment à Champagnole (Jura). C'est un collectif anti-fasciste de Besançon qui en a fait la découverte.

Selon Didier Guériaud, officier de communication de la région de gendarmerie de Franche-Comté, « ce groupe est surveillé depuis un certain temps par la cellule nationale d'enquête qui agit sur les groupuscules extrémistes ». La célébration annuelle de l'anniversaire d'Hitler et la publication sur son site de propos racistes et néonazis ont depuis longtemps braqué les projecteurs sur lui. « Il y avait une volonté très ferme de la gendarmerie et de la justice d'agir très vite. »

Une quarantaine de gendarmes de la section de recherches de Besançon et des groupements du Doubs et de Haute-Saône, ainsi que du peloton d'intervention de Dijon a donc participé à l'opération diligentée par le parquet du tribunal de Vessoul.

A l'heure, ils ont été interpellé pour « organisation et participation à un groupe de combat » et « association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de 10 ans de prison ». Des perquisitions sont en cours pour tenter de retrouver des armes et des objets susceptibles de les incriminer, également pour « port d'armes » et « incitation à la haine raciale ».

LaDépêche.fr


20/05/2014


Quand "Bigmalyon" donne de l'argent au fn...

//www.20minutes.fr/societe/1379121-20140519-elu-fn-reconnait-avoir-recu-don-personnel-lancien-dirigeant-bygmalion

 

Un élu FN reconnaît avoir reçu un don «personnel» de l’ancien dirigeant de Bygmalion

 

 

 

POLITIQUE – Elu d’opposition FN à Villeneuve-sur-Lot, Etienne Bousquet-Cassagne a reconnu avoir touché un don de 4.600 euros de l’ancien dirigeant de Bygmalion, société aujourd’hui dans la tourmente…

C’est «personnel», «transparent» et cela «n’a rien d’extraordinaire». Il n’empêche que cela vient jeter un peu plus le trouble sur les liens qu’entretenait la société de communication Bygmalion avec les partis politiques. Etienne Bousquet-Cassagne, élu municipal Front National à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) a reconnu, ce lundi, avoir touché un don de 4.600 euros de Bastien Millot, ex-dirigeant de la société Bygmalion, afin de financer sa campagne législative de 2012.

 

4.600 euros «à titre amical»

 

Dirigée par des proches de Jean-François Copé, Bygmalion a été mise en cause par plusieurs articles de presse pour un supposé favoritisme, via un système de surfacturations, qui lui aurait permis de toucher de grosses sommes d’argent au détriment de l’UMP. Une enquête préliminaire pour «faux», «abus de biens sociaux et abus de confiance» a notamment été ouverte par le parquet de Paris.

 

C’est donc dans ce cadre que le JDD a révélé dimanche l’existence d’un don entre Bastien Millot, ancien dirigeant de Bygmalion et Etienne Bousquet-Cassagne, élu Front national. Ce lundi, ce dernier a confirmé avoir touché, «en toute transparence» et à «titre amical» 4.600 euros afin de financer sa campagne législative de 2012.

 

Amis et… collègues

 

«Je ne vois pas ce qu’il y a d’extraordinaire à ce qu’un ami puisse faire un don défiscalisé à un autre ami, s’est défendu Etienne Bousquet-Cassagne. Cela correspondait peut-être à un quart du budget de ma campagne

 

Amis, les deux hommes étaient aussi des collègues au sein même de Bygmalion. Etienne Bousquet-Cassagne a également reconnu avoir travaillé pour cette agence de communication politique «de 2011 à 2013 dans le cadre d’un contrat professionnel lié à son BTS en alternance.»

 

Interrogé par le JDD, Bastien Millot avait dès hier confirmé qu’Etienne Bousquet-Cassagne avait travaillé pour le compte de son agence «pour des démarches commerciales en Aquitaine, où son père [était] militant UMP.»

 

* Vincent Vantighem

 

19/05/2014